Aux douceurs du temps
Éditions De Borée - 2019
Avril 1892. Lorsque Juliette apprend qu'elle est l'héritière d'une confiserie à Clermont-Ferrand léguée par un oncle dont elle n'a jamais entendu parler, elle comprend que cette nouvelle va changer son destin. La jeune fille aux origines modestes n'aurait jamais pu imaginer devenir un jour elle-même "confiseuse". Mais est-ce un métier pour une femme ? Saura-t-elle remettre à flot ce petit commerce et égaler la réputation des plus grands artisans de la ville ? Qui est cet oncle mystérieux et pourquoi l'a-t-il choisie, elle ? Va-t-elle relever le défi et tenter sa chance ? Happée par la curiosité, Juliette accepte de visiter cette boutique si bien nommée Aux Douceurs du temps...
Malgré l'interdiction de son père et les manigances de ceux pour qui elle représente une future concurrente, sa décision est prise : elle sera "confiseuse" !
Premier prix "La Plume et la Lettre" 2019
Salon du livre Chasseneuil-sur-Bonnieure

L'avis des lecteurs
"La jolie histoire de Juliette,
Rachel C., 28/03/2019, sur Fnac
"Un régal !
Un bon moment de lecture en compagnie d'un livre à la belle écriture, à l'histoire attachante et très bien documentée."
Dulivradois, 07/04/2019, sur Amazon
"Aux douceurs du temps est une belle histoire de femme,
forte et courageuse. Juliette se bat pour s'imposer dans un milieu masculin. Elle est sensible et attachante. j'ai aimé sa force de caractère ! En mariant fiction et faits historiques, l'auteure nous entraîne à travers trois décennies de luttes. J'ai adoré !"
L'avis de Karine, Top lectrice France-Loisirs
Extrait
"Juliette éclata d’un rire joyeux.
– La « Confiseuse » ! Ainsi, le métier de confiseur existe bien au féminin ! Rodolphe, vous êtes vraiment étonnant ! Il n’y a que vous pour chercher à… (elle eut quelques trémolos dans la voix) me remonter le moral…
Elle s’absorba dans la contemplation de l’image. La tenue tout entière de la « confiseuse » était composée de fruits, de friandises et du matériel propre au métier : un grand chaudron à confiture formait l’ampleur de la robe, celle-ci était décorée d’une ribambelle de fruits variés, le décolleté était garni de boîtes de confiseries. « Abricots, noix, massepains, pralines, anis de Verdun… », lut-elle sur les couvercles.
– C’est un graveur du XVIIe siècle qui en est l’auteur, lui apprit Rodolphe. Nicolas de Larmessin. Je me suis rappelé avoir rangé ces planches dans mes cartons – car à qui aurais-je bien pu les vendre ? –, mais j’ai mis du temps à les retrouver. Il faut croire qu’il y avait bien des « confiseuses » à l’époque de Louis XIV ! Je vous offre cette gravure, Juliette !
Les yeux brillants, les deux jeunes gens se contemplèrent.
– Merci, merci, Rodolphe… Vous ne pouvez pas savoir comme cela me réconforte et m’encourage. Je la ferai encadrer pour l’accrocher dans le magasin."

La confiserie, une spécialité d'Auvergne !
La confiserie est une activité ancestrale, qui s’accommode bien de l’économie légendaire de l’Auvergnat : la récolte des fruits est très saisonnière, donc on a inventé la confiserie pour conserver les fruits !
La renommée de la confiserie d’Auvergne commence avec les cadeaux faits aux hôtes de marque qui sont de passage dans la région : Louis XI au XVe siècle, le Cardinal de Richelieu en 1629, les juges venus pour les grands Jours d’Auvergne en 1665. Voltaire s’en est fait offrir en 1741.
Ce qui va provoquer l’essor sans précédent de la confiserie d’Auvergne, c’est le thermalisme, dont la mode est lancée sous le Second Empire par Napoléon III dans des stations célèbres : Vichy, Le Mont-Dore, Royat.
Les confiseurs comprennent qu’ils peuvent profiter de la venue de curistes et touristes… Ils créent des succursales dans les stations et rivalisent d’imagination pour créer des emballages attractifs : vanneries, porcelaines, cristaux, aussi attrayants que le contenu, et qu’on rapporte en souvenir. De là datent des affiches colorées, délicieusement rétro aujourd’hui…

Misogynie dans la confiserie à la Belle Époque ?
Employées à la cueillette, le tri, l’épluchage des fruits, les femmes n’avaient pas de qualification particulière et étaient modestement payées. Seules les épouses de confiseurs avaient un rôle plus important en matière de conditionnement et de vente des produits.
Un extrait de rapport qui en dit long sur les mentalités de l’époque :

Rapport sur la confiserie à l’Exposition universelle de Paris de 1900,
Journal des Confiseurs-glaciers-chocolatiers - février 1901